Roman 


Samitier, localité dépendant de la municipalité de La Fueva, est située à 747 mètres d’altitude sur la rive droite du Cinca, et à 15 km au sud de Aínsa, entre les retenues d’eau de Mediano et El Grado. Le village présente un habitat irrégulier disposé sur un versant en terrasses autour d’une placette sur laquelle se dresse l’église de San Miguel, de style baroque tardif du début du XIXème siècle.

La tour de San Vicente s’élève à quelque 50 m. au sud du village et bien qu’elle soit actuellement isolée, elle fit probablement partie de l’ancienne église paroissiale dont il ne reste pas le moindre vestige et dont l’emplacement fut transformé en cimetière.

Tour de SamitierDe plan rectangulaire, la tour-clocher est constituée de trois parties irrégulières séparées par une ligne d’imposte et se termine par un couronnement de créneaux. Les uniques baies, en plein cintre, sont situées dans la partie supérieure et abritaient les cloches.

On accède à l’intérieur par le côté nord, après avoir franchi un arc en plein cintre, mais il semble qu’un deuxième accès pouvait se faire depuis la voûte en berceau située au rez-de-chaussée. L’édifice est composé de cinq étages couverts par une voûte en lancette, à l’exception du dernier où l’on trouve une voûte en berceau d’arête identique à celle de la tour de Puértolas.

Nous sommes en présence d’une œuvre du XVIème siècle, époque où des clochers similaires furent construits dans de nombreuses églises du Sobrarbe comme celles de Coscojuela de Sobrarbe, Mediano, Sieste, Guaso, Morillo de Monclús, Tou, Morillo de Roda, etc. Ces bâtisses avaient à la fois un rôle religieux et défensif que la structure même de le tour de San Vicente met en évidence par les meurtrières des deux premiers étages, et par la présence de créneaux qui dénotent le caractère défensif de l’édifice bien qu’il fasse partie d’un ensemble religieux.

Pour replacer ces églises dans leur contexte historique, rappelons la période d’instabilité qui régnait alors dans la contrée. Cette insécurité fut déclenchée par les révoltes sociales de la baronnie de Monclús et du Comté de Ribagorza, ainsi que par l’inquiétante présence des huguenots français.

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