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Le Port de Plan, connu en France sous le nom de Port de Rioumajou fut, jusqu´à la construction des routes actuelles, la principale voie de transit transfrontalier, entre la Vallée de Chistau et la France. Autrefois, les échanges entre les deux pays s´effectuaient par ce col qui voyait passer bon nombre de bergers avec leurs troupeaux en transhumance, contrebandiers, voyageurs, commerçants, ainsi que de nombreux émigrés Espagnols qui fuyaient la Guerre Civile (1936-1939) ou la famine.
Pour connaître l´origine de ce chemin, il faut remonter jusqu´au coeur du Moyen-Âge, plus précisément à l´aube des pèlerinages à Saint-Jacques-de-Compostelle (XIe et XIIe siècles).
Les pèlerins qui venaient de France et empruntaient l´Iter francorum, également appelé Camino Francés, étaient confrontés à certaines difficultés pour franchir les Pyrénées. Les deux lieux de passages historiques étaient le Col de Roncevaux par la Via Podensis et le Col du Somport pour ceux qui venaient de la Via Tolosana (ou Via Arletanensis car son point de départ était Arles).

Il existait peut-être un troisième parcours, moins connu, considéré plus dangereux et difficile car c´était un fief de bandits et de bandouliers. Il traversait la Vallée d´Aure jusqu´à la Vallée du Rioumajou (1.560 m.) par la Ténarèze qui borde la Neste. Ce chemin était plus utilisé pour la transhumance, la contrebande et les échanges commerciaux que comme chemin de pèlerinage. Ce dont nous sommes sûrs, c´est qu´à l´extrémité de la vallée, il exista un hospice qui donnait asile aux voyageurs avant qu´ils ne franchissent le Col d´Ourdissetou/Rioumajou. A l´heure actuelle, c´est un refuge d´excursionnistes.
Le plus ancien document que nous ayons remonte à 1457, date à laquelle, étant en ruines, il fut reconstruit par le Comte Jean V d´Armagnac ; les seigneurs locaux étaient en effet chargés de l´entretien de ces édifices qui facilitaient les échanges commerciaux entre les deux pays.
Actuellement, le tronçon compris entre Saint-Bertrand-de-Comminges et la frontière espagnole en passant par l´hospice de Rioumajou, compte parmi les itinéraires culturels européens inscrits au Patrimoine de l´Humanité par l´UNESCO. Ce tracé de 105 km., est divisé en 5 étapes : St-Bertrand de Comminges-Montserié, Montserié-Sarrancolin, Sarrancolin-Vielle Aure, Vielle-Aure-Hospice du Rioumajou, et enfin Rioumajou-Gistaín au cours duquel il faut franchir le Port d´Ourdissetou pour parvenir au Refuge de Viadós.