Roman 


Le Musée Ethnologique et de La Bolsa de Bielsa est situé dans la mairie de la localité. Il est réparti sur trois étages et aborde les thèmes suivants :
“Bielsa et son territoire“ au premier étage ; “Histoire et culture d´une Communauté“, ainsi que “La Bolsa de Bielsa. La tragédie d´un village“ au second, et “Le Carnaval de Bielsa“ au dernier.

Divers objets et documents accompagnés d’un abondant matériel graphique d´époque nous racontent l´épisode de la Bolsa de Bielsa. On découvre ainsi l’aspect du village durant le conflit et après les bombardements.

Afin de compléter le tout, on projette un audiovisuel qui a pour fil conducteur les journaux relatant les opérations des républicains comme celles des nationaux, les journaux intimes d´Enrique Satué Buisán et du sous-lieutenant Ramiro C. Sobregrau. Ce dernier commandait la section des mortiers du 5è Bataillon d´Arapiles nº 7 appartenant au deuxième groupement rebelle de l´armée franquiste de Navarre. Ces documents servent de point de départ aux explications des faits historiques vus par les deux camps.

La division d´infanterie de l´armée républicaine présentait une grande diversité dans ses rangs. Elle était constituée de combattants républicains de l´ancienne milice pyrénéenne (Milices Pirinenques), volontaires appartenant à des clubs sportifs et d´excursionnistes de Catalogne, d’anarchistes et miliciens aragonais venus du Bataillon Alto Aragón, parmi lesquels il faut citer Antonio Beltrán Casaña, surnommé “El Esquinazau“, commandement de la 43è division de ce bataillon et lieutenant colonel des milices qui, en 1941, écrivit ses mémoires sous le titre “Actions défensives de la 43è division dans les Pyrénées aragonaises “.

L´offensive des troupes du Général Franco sur le front d’Aragon débuta au mois de mars 1938. Les troupes républicaines commencèrent alors à se replier vers la frontière française. Tandis que la 43è Division s´établissait à Bielsa, la ligne de front se déroula en forme de poche depuis l´est du Posets jusqu´à l´ouest du Mont Perdu, avec une avancée à Escalona et Laspuña. La 43è Division résista aux attaques jusqu´au 16 juin 1938, après un siège de 72 jours. A court de munitions et n’ayant pas reçu le moindre renfort, elle obéit à l´ordre de retraite donné par les représentants de la légalité républicaine en Aragón et se replia en France le 15 juin 1938.

Un peu avant, quelques milliers de civils avaient été évacués progressivement avec leurs troupeaux, accompagnés jusqu’à Arreau par des unités de l´armée républicaine. Les évacuations en territoire français furent supervisées par le sous-préfet de Luchon et les militaires du comité de non-intervention sous les ordres du colonel danois Lunn. Les combattants déportés furent priés d’indiquer leur point de chute souhaité. Le résultat est connu sous le nom de Plébiscite d´Arreau. 416 personnes choisirent de retourner vers l´Espagne nationale par la frontière d´Irún, tandis que 6.889 choisirent l’Espagne républicaine. On ignore le nombre de civils évacués qui décidèrent de rester en France, tout comme le nombre de ceux qui revinrent en Espagne.

En 1941, Antonio Beltrán écrivait:

À l´aube du 16 juin 1938, toutes les forces de la 43è Division avaient traversé la frontière française avec tout leur matériel. La résistance des Républicains s´achevait ainsi dans les Pyrénées aragonaises“.

La Bolsa de Bielsa avait vécu.

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